|
Selon le très
bon site de Jean Tosti :
PIGEAT est à
rapprocher de PIGET qui est un nom surtout porté dans le Centre
(Indre), il serait un diminutif de PIGE (Loiret) et on le
retrouve sous la forme PIGEAT dans le Cher.
La façon de l'orthographier varie ensuite pour suivre une
transcription phonétique, on peut trouver PIJAT ; PIJA
voir PIIAT ou PÏAT ; et les variantes PIGEA, PIGAT PIGEAD...
La signification est
incertaine : On rencontre en moyen français le verbe PIGER
avec le sens de "fouler aux pieds" (Lyon, 1455), il
pourrait donc s'agir de celui qui foule les raisins. Il est
d'ailleurs à noter que le terme de PIGER est encore actuellement un
terme de vignerons :
D'après le Blog
d'Olif, le PIGEAGE est l'opération qui consiste à enfoncer le
chapeau de marc dans le moût de raisin dans le but d’entraîner
une extraction en douceur des constituants du raisin.
Notons à ce propos
qu'il y a des PIGEAT vignerons à Quincy (18) mais que j'en ai trouvé
très peu dans les archives que j'ai pu consulter.
|

Il fut un temps ou le
"pigeage" se faisait en équilibre sur les bras, au bord
de la cuve, directement avec les jambes et le bas du corps...
|
|
Autre explication,
toujours d'après Jean Tosti :
En Poitou une PIGE
était un marteau de tailleur de pierre. Ce terme aurait donné le
diminutif PIGELET dans l'Indre.
Si on rapproche ce métier
de tailleur de pierre avec le chantier de la cathédrale de Bourges, on
peut envisager qu'un poitevin soit venu y travailler et que le nom
"exotique" qu'il donnait à son outil soit devenu son sobriquet.
Mais dans ce cas on devrait
trouver des patronymes proches dans de nombreuses régions de France...
En Charente, on trouve également
le patronyme PIGIER. Celui-ci désigne soit un tailleur de pierre,
soit celui qui foule la vendange, on en revient donc aux origines
ci-dessus.
|
Voici ci dessous
l'avis éclairé et plein de "vécu" de Claude
RIOLAND sur l'origine du patronyme PIGEAT
...Pour le patronyme, il ne faut pas oublier que le nom n'a pas été donné à une famille, mais à un individu, et un seul. Le père de cet éponyme pouvait très bien s'appeler Tartempion ! la seule certitude que nous ayons c'est qu'à un moment donné de l'histoire, ce nom de Pigeat (bien qu'il n'était pas "pigeat" lui-même), s'est imposé comme nom de famille parce que la démographie galopante imposait une plus grande précision. T'es menuisier ? et alors ? ton père était le pigeat de la communauté, il est bien connu pour ça, tu t'appelleras pigeat. Et le papa devait être fier comme artaban que son fils porte son nom.
Pour le signifié, je penche pour le vocabulaire de la vigne, le verbe
archaïque ayant été remplacé par fouler, quand? pourquoi? j'essaierai d'y réfléchir. Quoi qu'il en soit l'éponyme devait être de constitution délicate. Quand j'étais enfant, je n'étais pas capable d'être "hotteur", j'étais "pigeat". Quand le hotteur se présentait je sautais prestement hors de la cuve, par un mouvement d'épaules il basculait le raisin, j'avais au passage un petit mot gentil "ça va petit ?" puis il redescendait la petite échelle (la cuve restait sur le plateau de la charette) je sautais alors dans la cuve et je pédalais, pédalais, je "foulais" jusqu'à la rotation suivante du hotteur. Le soir j'avais "des bas rouges" ! mais le travail de la presse était déjà à moitié fait... Ce travail n'était pas confié aux filles, je ne sais pas pourquoi, peut-être pour des raisons présumées d'hygiène, mais à un jeune garçon qui n'était pas encore suffisamment robuste pour endosser la hotte.
Bien sûr ce que j'écris n'a aucune valeur scientifique, c'est une suggestion, basée toutefois sur du vécu. |